Encore une journée « de la femme »

 

8 marsCela n’aura échappé à personne, nous sommes aujourd’hui le 8 mars, date de la journée internationale du droit des femmes. Encore une…

Je rêve du jour où cette « célébration » sera rendue obsolète par une évolution des sociétés. Un jour où le mot « égalité » gravé sur nos mairies aura un sens. Un jour où le féminisme n’aura plus cours.

Dans le monde entier, les droits des femmes sont bafoués. Dans certains pays les animaux sont mieux traités que celles qui donnent la vie. Tant qu’il existe quelque part sur Terre des petits filles qui ne peuvent pas aller à l’école, des endroits où puberté rime avec mariage forcé, où le violeur peut épouser sa victime pour qu’elle n’en soit plus une, où la femme stérile peut être répudiée, où la femme infidèle peut être lapidée, alors cette journée aura un sens.

Mais à notre niveau, difficile d’agir. Nous pouvons évidemment soutenir des associations qui leur viennent en aide, tenter de faire réagir l’ONU, mais soyons honnête notre petite voix est bien faible. Et il est tout de même assez utopiste de vouloir faire changer des coutumes ancrées dans une société qui n’est pas la nôtre…

Une journée qui ne devrait pas exister

Cette journée est donc indispensable. Mais elle ne devrait pas être utile dans notre pays « civilisé ».
Et pourtant, le salaire entre hommes et femmes est encore trop différent, et ce malgré des lois censées combattre le phénomène (d’ailleurs le simple fait qu’il faille des lois pour changer les mentalités est une aberration).
Pourtant, l’égalité dans les tâches ménagères est une réalité trop souvent acceptée. Les jouets d’imitation des activités domestiques sont toujours rangées dans les pages roses des catalogues.
Pourtant il existe encore peu d’hommes qui prennent un congé parental (cause et conséquence de l’inégalité des salaires).

« Vous les femmes, vous le charme »… Pourquoi réduire la femme à un joli visage, à un objet de désir ? Aujourd’hui, les radios proposent des jeux concours avec à gagner des ensembles de cosmétiques. Les promotions « beauté » pullulent dans les magasins. Chez Vulco, les femmes qui achètent des pneus bénéficient du montage offert (si si véridique)… Il ne manquerait plus que des offres sur des fers à repasser (mais ne bougez pas il y a la fête des mères pour ça). Tout cela pour célébrer « la journée de la femme » (ou oublie les histoires de droits bien entendu)… N’est-ce pas antinomique ? Par ailleurs, pourquoi les entrée en boîte seraient gratuites pour les filles si ce n’est pas pour les transformer en galerie, en produit auprès de ces « mâles » qui viendraient faire leur marché ?

Certes nous sommes différents, les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus. Une égalité totale n’est sans doute pas possible. Mais la Révolution française nous a établis citoyens alors à nous de prendre nos places aux côtés de ces messieurs. L’évolution des mœurs dans des petits villages d’Afrique ne dépend pas de nous, mais à notre petit niveau de simple citoyenne française nous pouvons et devons changer les mentalités locales.
Et en toutes les mères de garçons ont une tâche encore plus forte, celle de faire changer les mentalités de demain. Que l’égalité soit ancrée en eux, qu’ils ne comprennent pas pourquoi tant de générations se sont battues.

Nous pouvons faire changer les mentalités

  • Un homme qui fait le ménage n’aide pas sa femme, il participe à la tenue du foyer dans lequel il vit. Et de la même manière, un enfant qui range sa chambre n’aide pas Maman.
  • Une femme qui aime les plus jeunes n’est pas une cougar. Le démon de midi est reconnu et accepté pour le hommes, pourquoi devrait-on se contenter des « vieux »?
  • Un Papa qui s’occupe de ses enfants n’est pas plus attendrissant qu’une Maman qui le fait. Même s’il ne les a pas portés, il leur a légué le même nombre de gènes.
  • Un petit garçon ne pleure pas « comme une fille », il a le droit de pleurer s’il est triste ou contrarié. Une petite fille ne se bat pas « comme un garçon », elle a le droit de se défendre si on l’attaque.
  • La danse n’est pas réservée aux filles et le rugby n’est pas un sport de garçons.
  • On peut offrir un fer à repasser ou une poupée à son fils, et une panoplie de police ou un jeu de construction à sa fille.
  • Non, ce n’est pas « ma » cuisine, mais « la » cuisine. Et on ne fait pas « son » ménage mais « le » ménage.
  • Une femme carriériste n’est pas une mauvaise mère. Le reprocherait-on à un père ? Tout comme une mère qui préfère prendre un temps pour s’occuper de ses enfants ne subit pas son choix.
  • Oui, une femme belle peut-être intelligente et compétente. Non, une jeune épouse ne prendra pas forcément un congé maternité bientôt, et non une jeune mère ne s’absentera pas forcément pour ses enfants malades. A quand le CV anonyme qui masque également le sexe ?
  • Un homme qui prend un congé parental n’est pas un héros, ni un zéro (selon quelle frange de la population le juge).

Toutes ces vérités (et bien d’autres, la liste n’est pas exhaustive), nous pouvons contribuer à les faire accepter si nous les acceptons nous-même, et si nous les transmettons à notre entourage. L’avenir des prochaines générations est entre nos mains.

 

 

2 comments

  1. mamampoule dit :

    Très bel article ! Je suis tout à fait d’accord avec toi, ça me met vraiment en colère quand j’entends « arrête de pleurnicher comme une fille » ou « tu cours comme une fillette ». « Etre une fille » est en faite une insulte dans la bouche de beaucoup de personnes…

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