Adieu pilule et hormones !

pilule contraceptiveAujourd’hui c’est la journée mondiale de la contraception. Et les études sont unanimes, de moins en moins de Françaises font confiance à la pilule. Personnellement le divorce a été consommé après la naissance de Maximoy. Et j’ai carrément dit adieu aux hormones depuis ma dernière grossesse. Laissez-moi vous confier pourquoi.

La pilule trop vite automatique

Comme beaucoup de jeunes adultes (ou qui croient l’être), j’ai commencé à prendre la pilule dès le début de ma vie sexuelle. Compliqué à 17 ans de se restreindre à prendre un comprimé tous les jours, à gérer le renouvellement des plaquettes, à aller quémander à la pharmacie un mois supplémentaire car on a « perdu l’ordonnance »… en fait parce qu’on a juste la flemme de retourner chez le médecin toute seule, juste pour une pilule, et parce qu’elle n’est même pas remboursée donc mine de rien, c’est un budget…
Alors forcément il y a eu des oublis, des inquiétudes, des prises de pilule du lendemain (où je suis allée la chercher ailleurs que dans la pharmacie familiale parce que c’est la honte), et heureusement pour moi (mais pas pour toutes), aucun accident. Il y a aussi une prise de poids rapide, mais je la mettais sur le dos de la puberté un peu tardive et des graisses qui sont assimilées en mode plus « adulte ». Bref, la pilule c’est compliqué, mais pas le choix, surtout quand on commence à avoir un partenaire régulier comme ce fut mon cas. On m’a dit que c’était le seul moyen de contraception possible, alors j’ai foncé sans réfléchir.

Puis vint le moment tant attendu où j’ai laissé la plaquette au placard pour construire une famille et là, c’était l’explosion de sensations ! J’ai découvert quelque chose d’inconnu jusqu’alors : la libido. J’ai mis cela sur le coup de l’envie d’avoir un enfant, et au bout d’un cycle bingo ! Trop rapidement même, pas le temps de m’habituer au plaisir.

Pilule et Mirena, même combat

contraceptionAprès l’accouchement, plus question de se restreindre à nouveau avec des comprimés quotidiens (et vu ma fertilité je me suis vraiment demandée comment monsieur n’a pas « réussi » à passer à travers). Ça tombe bien, il y a beaucoup mieux ! Un stérilet qui bloque les règles, Mirena. C’est génial, je suis tranquille, c’est fiable, et je peux avoir une sexualité débridée tous les jours du mois… ou pas. Parce que j’ai beau aimer mon mari, je ne retrouve pas cette sensation de chaleur ressentie au moment de la conception. Et comme avant, les rapports font mal car la lubrification, connais pas.
Alors forcément j’ai tendance à freiner les ardeurs de monsieur, forcément il se sent délaissé, et forcément les tensions montent. Sauf que même si je comprends, je ne sais pas faire autrement, alors je me force, ça fait mal, je simule même, mais il en va de la survie du couple. J’en viendrais presque à douter de l’amour que je lui porte, puisqu’il ne me procure aucune envie spontanée… Mais si, je l’aime, et je retire même le stérilet pour avoir un deuxième enfant.
Et là, bam, rebelote la libido m’emballe. Mais je me dis que c’est normal, que je cherche à tomber enceinte donc j’ai plus envie. Quelle douce période… mais encore une fois assez éphémère puisque l’entreprise fonctionne rapidement.

Et ensuite ? Je retourne avec Mirena. J’aurais bien changé, au moins essayé de demander d’autres solutions, mais ça tombe bien la visite post-natale tombe pile au moment du retour de couches, et ça tombe bien le gynéco en a un dans le tiroir. Et hop, sans s’en être rendue compte je me retrouve à nouveau avec ce truc pas si génial que ça dans le col. Et s’en suit la même histoire, les mêmes désagréments, les mêmes problèmes. Mais comment savoir, puisque je n’ai jamais rien connu d’autre, ou seulement quelques mois.
Puis j’ai fini par vraiment me documenter, et à m’interroger. Et si tout cela venait des hormones ? Et si en fait avoir un vagin aussi sec que du papier de verre était anormal ? S’il était possible d’avoir une sexualité comme dans les films romantiques (ou autre 😉 ) sans faire semblant ?  

Terminées les hormones, que vive le cuivre !

Vient le moment de faire un troisième enfant. Et encore une fois, la libido revient (puissance 1000 même puisque monsieur est loin alors quand il rentre…). Et encore une fois ça marche tout de suite. Mais pas question de dire adieu à ces douces sensations. Alors quand la gynéco de la maternité arrive avec l’ordonnance, je lui demande tout de suite du cuivre. Terminées les hormones. Ok il va falloir recommencer à se restreindre une semaine par mois, ok il paraît que c’est plus abondant, mais si c’est pour kiffer les trois autres semaines, je vote et monsieur aussi !

Et depuis ? C’est le paradis ! Je découvre le plaisir, l’envie, la lubrification naturelle, et à deux on entre dans le cercle vertueux du couple qui s’aime et qui aime se le montrer. Mégamoy ? Il a gagné une nouvelle femme libérée qui se connaît enfin. Il est rassuré sur ses capacités à me séduire, sur l’amour que je lui porte et dont il venait parfois à douter. Et de plus ce ne sont même pas les chutes du Niagara mensuelles annoncées.

Certes je m’en veux de ne pas avoir fait le lien plus tôt entre cette libido zéro et les hormones. Mais comment savoir que ce n’est pas normal, quand je n’ai connu que ça depuis mes 17 ans ?
La nature est bien faite, la libido est là pour donner envie de procréer. Et la lubrification sert à emmener les zozos plus facilement là-haut. Alors quand la chimie supprime la fonction reproductrice au corps, certains sont fainéants et fonctionnent au ralenti, comme le mien.

préservatif féminin

Le préservatif féminin… mouais bof

Le stérilet au cuivre ne bloque pas l’ovulation mais rend inactifs les spermatozoïdes. Le cycle naturel est donc préservé, what else ? Le préservatif revient en vogue, on le comprend également. Mais le temps béni (des colonies) de la capote à 1 franc est bien révolu, il faut être crésus si on s’aime très fort.
Par curiosité (et parce que Mégamoy en avait récupéré), j’ai aussi testé le préservatif féminin. Je n’ai peut-être pas bien capté le mode d’emploi, mais j’avais un truc qui dépassait de beaucoup, et monsieur avait l’impression de faire l’amour à un sac plastique… pas très glam.

Bref, à chacune sa contraception, mieux vaut être bien informée. Vous achèteriez une voiture sans réfléchir vous ? Alors pourquoi ne pas se renseigner quand cela concerne son propre corps ? Si en parler à votre gynéco est aussi difficile que cela le fut pour moi, je ne peux que vous conseiller le site choisir sa contraception. Parce que la pilule a certes libéré les femmes mais elle n’est pas une fin en soi.

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6 comments

  1. Merci pour cet article, justement je veux me renseigner sur le stérilet en cuivre.
    Le retour à la pilule après ma grossesse est une catastrophe, et je supporte très mal les hormones mais ma gyneco m’a dit que le stérilet en cuivre augmente la durée des règles? Plus fortes et plus longues? C’est bien ca?

    • Très sincèrement, pas chez moi. Effectivement certains mois sont assez abondants (mais pas au point de faire déborder la cup), mais elles ne durent jamais plus d’une semaine.
      Et surtout parfois je les remarque à peine. A tel point que je ne me souvenais plus les avoie eues le mois dernier (je ne raconte pas la petite angoisse de l’attente ce mois-ci du coup 😉 )
      Franchement je ne regrette pas mon choix.

  2. ColombesMum dit :

    Merci pour ce retour d’expérience ! Depuis de nombreuses années maintenant j’ai dit non aux hormones (moi aussi j’avais de grosses douleurs et sécheresse mais je n’ai jamais su à quoi c’était du…préservatif, protections hyg, tampons, etc), et à la naissance de PetitBout j’ai donc osé le stérilet en cuivre que j’ai beaucoup aimé ! Par contre pour moi sa réputation n’a pas été infondée: flux beaucoup plus important et règles plus longues. Par contre ca s’est régulé au fur et à mesure (1 an environ), et après je l’ai enlevé pour tenter Bebe 2 lol. Par contre je crois que le stérilet ne tue pas les zozos, il empêche juste la nidation.

    • Effectivement la régulation des règles a duré une bonne année chez moi aussi.
      Concernant l’action c’est ce que j’avais initialement écrit d’ailleurs. J’ai lu que ça les rendait inactifs sur le site du ministère de la santé j’ai donc modifié…
      A mon avis ce doit être un double effet. Le cuivre contre les zozos et le dispositif pour empêcher la nidation.

  3. Joy dit :

    Merci pour ce témoignage clair et sincère. Il est important que les « mauvaises » expériences avec les hormones soient connues. J’ai arrêté la pilule aussi, il y a peu. Je passe au stérilet au cuivre le mois prochain. J’ai un petit peu peur, mais c’est un mal pour un bien 🙂

    • Oui je comprends que la pose puisse faire peur, cela peut être douloureux. Mais effectivement je pense sincèrement que c’est un mal pour un bien. Bon courage pour la pose, surtout penser zen.

      Je pense jamais avoir parlé aussi ouvertement de mon intimité, mais si cela peut faire écho à de nombreuses femmes et pourquoi pas en convaincre de sauter le pas je ne pourrais qu’en être ravie.

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