La maison du bonheur

IMG_1335Comme tous bons parents qui se respectent, nous souhaiterons élever Micromoy comme ses aînés. Cependant il subsistera une différence que nous ne pourrons ni ne voulons combler : ce pauvre enfant ne connaîtra pas la joie d’une naissance en appartement. Il ne dormira pas dans un couloir à défaut de chambre individuelle ; il ne sera pas secoué dans tous les sens, engoncé dans son cosy, pendant que Maman monte les horribles petites marches les séparant du minuscule ascenseur, dans lequel elle luttera quotidiennement pour tous les faire monter ; il ne sera pas obligé de s’excuser, par parents interposés, d’avoir osé pleurer en pleine nuit à cause d’une vilaine canine récalcitrante… et surtout, il ne connaîtra pas l’immense bonheur de la découverte de la vie en maison avec jardin. Ses frères, eux, ne boudent pas leur plaisir. Et c’est le sourire aux lèvres qu’ils admettent bien volontiers apprécier ce déménagement tant redouté.

Maximoy l’a bien vite compris, la vie est plus belle dehors. Toujours en vadrouille, bizarrement l’autonomisation ne pose aucun problème lorsqu’il s’agit d’ouvrir la porte du garage afin de sortir l’indispensable vélo (qui n’a jamais autant roulé). Les devoirs sont très vite terminés, la table du goûter aussi vite débarrassée, bref la métamorphose est totale (en tout cas tant que la météo le permet…). La Playstation prend la poussière, le canapé n’est plus pris d’assaut, je ne suis plus incessamment sollicitée, les chambres sont rangées, je revis. Seul impératif pour apprécier ce mode de vie, rester zen lorsque le simple fait de ranger le vélo prend une demi-heure (bah oui, j’ai fait un petit tour dans la résidence Maman), ou quand la porte de l’entrée prend régulièrement l’air.

IMG_1308La zen attitude a tout de même ses limites, à commencer par l’état des genoux. A raison d’un pantalon à moitié vert par jour, je vais finir par prendre des actions chez Skip… Quoique je doute fort de l’efficacité des produits miracles, tant la chlorophylle picarde semble tenace. Oxygène actif je veux bien, mais il s’active quand? Les patchs thermocollants sont censés camoufler les trous, pas les stigmates d’un combat de judo improvisé sans tatami (et je n’ai pas encore trouvé de patch qui résiste à plus de trois passages en machine, à vos bons plans !). En résumé, le nombre de tenues présentables et ma patience tendent à s’amenuiser de jour en jour…

Bon, ces petits côtés technico-techniques mis à part, c’est vraiment la maison du bonheur. Notion que semblent d’ailleurs avoir bien intégré les petits voisins. D’ailleurs, j’ai beau être une maman cool et ouverte, si vous avez une technique pour gentiment se défaire d’enfants et pré-ados légèrement envahissants, je suis preneuse… Petit florilège de situations vécues (et parfois assez difficiles à gérer lorsque l’on ne veut pas vexer) :
– Bonjour Madame, est-ce que Maximoy peut venir jouer ?
Bah non, tu vois là on est à table.
Ah d’accord. Je peux venir jouer dans votre jardin en attendant ?
Euh… non… (manque de répartie évident, dû à un effet de surprise plus qu’entier)
– (même jour, 10 minutes plus tard) Il peut venir jouer maintenant ?
Non on en est au dessert.
Bon ok j’attends juste devant chez vous.
Maman, je peux aller montrer mon pot de yaourt vide à mon copain ?
… (nouvel effet de surprise)
– Bonjour Madame, est-ce qu’il peut venir jouer ?
Non il est puni.
Ah bon ? Il a fait quoi ?
Cela ne te regarde pas vraiment.
Dommage, j’aurais bien aimé savoir… Je peux venir dans sa chambre alors ?
– Bonjour Madame, est-ce que Maximoy peut sortir ?
Non il fait ses devoirs.
Bah moi je les ferai demain (bah c’est bien)… Mais il peut venir ? J’ai un truc à lui demander.
Non il fait ses devoirs…
Mais juste deux minutes !
Non il sortira quand il aura fini et tu lui demanderas.
Ok… Même pas juste une minute ? (agacement de plus en plus difficile à contenir)
Non je ne le dérange pas. Allez bonne soirée ! (et… fermeture de la porte)

IMG_1266Notons que la maison du bonheur ne concerne pas uniquement les copains humains, les animaux semblent également apprécier la chaleur de mon foyer. A commencer par ma nouvelle amie, Papatte, à savoir une charmante petite bête à huit pieds qui aime siéger dans les angles (âmes sensibles s’abstenir). Bac à douche, plafond, et autres endroits que je n’ai pas encore découverts, elle siège en maîtresse. Bon, tant que son règne est sans partage (et loin de ma tête de lit), je l’accueille volontiers.
J’ai toutefois un peu plus de mal à accepter l’amitié que m’offre le chat des voisins. Qu’elle apprécie l’accueil du jardin (pour le plus grand plaisir des microbes) passe encore. En revanche, qu’elle pousse la fenêtre de la chambre pour se faufiler et n’être découverte que quelques minutes plus tard lorsqu’elle passe la tête dans le salon complique un peu la donne. Car si pour le calme familial je me délecte quotidiennement de mes nouveaux 120m², ils deviennent tout de suite beaucoup trop grands lorsqu’il s’agit de partir à la poursuite d’un petit intrus, si mignon soit-il… Vive la vie communautaire !

2 comments

  1. Morain dit :

    Je connais : les copains qui passent au moment où on ne s’y attend pas, parce qu’ils savent que je ne travaillais pas le mercredi. Ils étaient entre 12 et 17, l’angoisse, non, la joie : tu as fini tes leçons ? ok tu peux entrer jouer avec JY qui lui les a terminés. Et c’est ainsi que 20 ans après tu vis une chose merveilleuse: le retour des nains avec femme et enfants.

  2. mamikat dit :

    un grand plaisir de lire combien mes petits enfants et enfants sont heureux dans leur nouvelle maison

Laisser un commentaire