Et repartir, déménager encore…

La vie de militaire est ainsi faite, ponctuée de remplissages et d’ouvertures de cartons. Les déménagements font partie intégrante du quotidien, et à en croire certains conjoints on finirait presque par s’y habituer. Je ne connais pas encore réellement cet aspect, mais j’en doute quand même un peu… Mais il va bien falloir y repasser. Et oui, après 4 ans (finalement à peine mouillés) en Picardie, on déménage ! Mais où ?

Déraciner et replanter

Déménager quand on créée son foyer, c’est sympa. On s’autorise à s’autocentrer, à développer une vie nombriliste basée autour de nous, rien que nous. Nos racines, on les connaît, on les retrouve quand on rentre pour le week-end ou des vacances chez Papa et Maman.

Mais quand les enfants arrivent, où seront leurs racines ? Comment leur créer un cocon où ils enterreront leurs madeleines de Proust ? Heureusement pour nous, cette vie a commencé tardivement. Nos grands ont eu le temps de remplir leurs petites têtes de moments privilégiés dans cette magnifique région lyonnaise où nous avions planté nos graines de jeunes mariés. Et par ailleurs, ils ont l’immense chance de pouvoir retrouver leurs souvenirs plantés pendant les vacances dans les jardins des résidences secondaires sudistes des grands-parents.

jardin fleurs arbre

Nouer des amitiés solides, et vite

Les enfants comme nous, avons vite compris que les relations physiques sont éphémères lorsque l’on est militaire. Chaque année, soit on arrive, soit quelqu’un part. Mieux vaut avoir construit rapidement des bases solides si l’on veut perpétuer une amitié souvent plus longue à forger qu’il ne reste de temps pour en profiter.

J’ai toujours admiré ces personnes qui savent s’ouvrir aux autres si facilement. C’est apparemment le lot des familles de militaires. Mais j’en suis personnellement absolument incapable. Alors immuablement, je trouve enfin une épaule sur qui pleurer, un verre avec qui trinquer… juste avant de devoir se séparer. Je m’améliore certes en rapidité, mais il reste encore pas mal de boulot.

Le plus difficile reste de voir les enfants pleurer à chaque fin d’année sans ne pouvoir rien faire d’autre que leur donner le mouchoir pour sécher leurs larmes. Et plus ils grandissent, plus elles sont grosses.

En revanche, je sais que ces amitiés-là perdurent malgré le temps et la distance (voir et si on restait amis toute la vie?). Et au gré des déplacements de chacun, nous nous retrouverons forcément. Nous ne sommes jamais bien loin (tant que passe la 4G). Pour preuve, le meilleur copain de mon Maxi qui vient dormir à la maison ce soir, deux ans après avoir déménagé…

mains

Ne pas trop garder

Qui dit déménagement, dit cartons. Et le moins possible est le mieux, surtout s’il faut les reremplir peu de temps après les avoir vidés. Mais on fait quoi des dessins de petite section, des premiers habits et des voitures de Cars avec lesquelles ils ne jouent plus ?

Quand les enfants vont chez leurs mamies, ils adorent retrouver les jouets de notre enfance. Mes Barbie avec leurs cheveux emmêlés, les Micromachines de Mégamoy, la collection complète des Tintin et des Astérix…

Quand nous serons grands-parents à notre tour (même si nous ne sommes pas pressés), nul doute que le stock de souvenirs de la vieille époque des Beyblade et des Blu-Ray sera moins important… sauf à investir dans une résidence secondaire, ce qui n’est pas vraiment prévu à l’ordre du jour.

malle de jouets

Et leur annoncer, encore

Déménager à deux, c’est facile. Même s’il provient souvent d’une mutation d’un seul des conjoints, c’est une décision qui se mûrit en couple. On se prend à rêver d’un nouvel intérieur, d’un lit plus grand et d’un balcon fleuri.

Mais quand dans nos valises se trouvent des petits êtres qui n’ont rien demandé à personne, la donne est légèrement modifiée. Alors on garde le secret, on cherche le moment opportun pour l’annoncer, et la manière qui sera le mieux accueillie…
Pour la Picardie, c’était la promesse d’avoir une maison, et d’aller au Parc Astérix. Annonce qui a reçu un accueil plutôt positif, mais ils avaient quatre ans de moins. Il n’y avait pas un pré-ado qui adore aller jouer dans le quartier avec ses potes (qui sont au préalable venus le chercher), faire des cabanes et organiser des combats de toupies. Il n’y avait pas un petit loup à la vie sociale un peu chaotique (voir ici) qui commence enfin à se faire inviter aux anniversaires et à jouer chez les copains.

Alors on tempère, on attend, et on va leur dire. Mais pas tout de suite. Quand on aura trouvé comment. Et quand on aura accumulé assez de forces pour soulager leur peine sans montrer la nôtre.

ciseaux scotch carton

Et replonger dans l’inconnu

Quand on part, on sait ce qu’on quitte. Notre maison, nos voisins, notre école, nos amis, et même le petit arbre derrière lequel notre bébé adorait se cacher lors de ses premiers pas. Et après, que va-t-on trouver ?

Un militaire le sait bien, il ne faut pas s’habituer au confort car il peut être très provisoire. Aujourd’hui on aime voir nos enfants jouer dans le jardin, mais en auront-ils encore un demain ? Pourront-ils toujours aller à l’école en vélo et aller jouer sereinement dans le quartier ? Aurons-nous encore la chance de trouver un établissement qui prend aussi bien en compte les spécificités de chacun (voir la précocité est-ce un cadeau?) Impossible de le savoir à l’avance. Et c’est ce qui angoisse le plus finalement…

clef et carton

Le foyer comme seul repère

On le sait maintenant, on va devoir s’habituer à ne faire que passer. Se faire à l’idée de naviguer d’un port à l’autre en s’attachant un tout petit peu à chaque fois, sans jamais savoir combien de temps. C’est le lot de toute famille de militaire.

Dans ce cas, mieux vaut que la famille soit la racine que l’on ne peut réellement fonder. Mieux vaut que la chaleur de la maison soit tellement forte que se retrouver ensemble suffise au bonheur de chacun.

cartons

Mais alors, on va où ?

Je le sais, vous n’en pouvez plus. Vous voulez savoir où on va, où on traîne notre progéniture qui nous suivra à reculons… quoique…

Quelques lignes plus haut je vous parlais de racines, de difficultés à trouver un chez-soi. Et bien finalement il faudra attendre pour se plaindre, car nous rentrons à la maison. L’annonce aux enfants devrait être moins difficile, puisque nous partons à… Lyon !

Certes nous laissons derrière nous de beaux souvenirs, de belles rencontres, accessoirement la naissance et les premières années de notre Micro. Mais nous retrouvons la famille que nous nous sommes créés, ceux qui attendent notre retour depuis que nous les avons quittés.

Moi qui ai tant de mal à créer mon univers et mon maillage social, je n’aurai pas à le refaire. Et je sais maintenant à quel point j’ai cruellement envie d’en profiter. Alors, pour le coup, cet été nous pleurerons deux fois. De tristesse en partant, et de joie en arrivant. Deux bonnes raisons de faire la fête !

Lyon, nous revoilà !!

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7 comments

  1. Mais c’est une excellente nouvelle (finalement) !

  2. Je ne suis pas fille de militaire mais de commercial et pourtant on a pas mal déménagé ! Ce qui m’a le plus marqué c’est de déménager en laissant mes 2 grands frères car il était temps pour eux de prendre leur envol. Je n’avais que 8 ans, et clairement c’était un vrai deuil. Du coup je me suis toujours dit que si je devais déménager avec mes loulous, tant que toute la famille suivait, ça irait 😉 je te souhaite une belle (re) installation à Lyon alors, pour les connaissances il y a plein de blogueuses sympas !! 😉

  3. Ah bein c’est plutôt cool alors ! Et pour le coup on se rapproche ! Qui sait peut-être pourrons-nous nous rencontrer 🙂

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